8 juin 2009 à 18h26 - 4 réactions
Cette fois, la Bretagne n’a pas voté très différemment du reste de la France. Le fort ancrage socialiste de la région n’a pas empêché ce que l’on constate partout : une nette victoire de l’UMP et un impressionnant bond en avant des Verts. Mais qui sont donc ces électeurs qui ont porté si haut les couleurs de l’écologie ?
>Toute l'actu des élections
>Le dossier complet
Beaucoup moins de rose, de l’orange et du rouge avec parcimonie, du bleu en veux-tu, en voilà ! Bleu et une bonne couche de vert : les nouvelles couleurs de la carte électorale telles qu’elles ressortent du scrutin de dimanche sont pour le moins inattendues et originales.
Ni les gagnants, ni les perdants ne s’attendaient à des variations aussi considérables. Bien sûr, il était écrit que certains allaient y laisser des plumes et que d’autres allaient en sortir ragaillardis mais à ce point, certainement pas.
L’UMP fort dans ses bastions
L’UMP d’abord. Qui aurait parié un euro que le parti majoritaire gagnerait avec un score avoisinant les 27% alors qu’en 2004, il n’avait même pas atteint les 13% en Bretagne? Excepté ceux qui ont la foi des militants, pas grand monde. Incontestablement, l’UMP a su mobiliser ses électeurs. Dans ses bastions traditionnels, le parti fait le plein. Dans les communes du Léon, la liste conduite par Christophe Béchu dépasse assez fréquemment les 30, voire les 35 %.
Même chose dans de nombreuses communes du littoral morbihannais
Mobiliser leur seul électorat, cela n’aurait, de toute évidence, pas suffi aux Verts pour réaliser le résultat qu’ils ont obtenu. Leur objectif en début de campagne était d’ailleurs plutôt modeste : 10%. Et les voilà, à près de 19 %, devant le PS. Un score totalement inespéré. Daniel Le Bigot, adjoint Vert au maire de Quimper, est le premier surpris : «C’est vrai que l’on ne s’attendait pas à ça».
Verts : un vote urbain
Mais qui sont et d’où viennent les électeurs qui ont porté si haut les couleurs de l’écologie ? À regarder la nouvelle carte électorale, on constate d’abord que l’électorat Vert est avant tout un électorat urbain. C’est dans les villes et notamment dans les centres-villes que la liste Europe-Écologie obtient ses meilleurs résultats. À Rennes, Nantes, Brest, Lannion, Saint-Brieuc, Lorient, elle avoisine, voire dépasse largement les 20 %. Dans certains bureaux de centre-ville, comme à Lannion ou Morlaix, elle flirte même avec les 30 %.
Est-ce à dire que l’électorat vert est un électorat «bobo»? La question, visiblement, irrite Daniel Le Bigot qui ne manque pas de remarquer que dans certaines communes périphériques et rurales, les écologistes sont à 15%. «C’est le truc classique de ceux qui sont incapables d’expliquer les résultats. On ne fait pas 20% avec seulement les bobos». C’est vrai qu’à Quimperlé, Lanester ou Hennebont, des villes pas spécialement bobo, les Verts y réalisent de très bons scores, pas loin des 20%.
Pas de doute, c’est sur l’ensemble de l’électorat socialiste qu’ils ont mordu. Une force d’attraction dont le MoDem a également fait les frais. La traditionnelle sensibilité démocrate chrétienne de la Bretagne n’aura pas suffi au parti de François Bayrou pour atteindre, même ici, ses objectifs.
Vannes ville. Régionales. Europe Écologie veut créer une dynamique